À l’origine conçu pour le web, Mon ami Walid est une comédie amère composée de trois saynètes distinctes, assemblées par un fil conducteur plutôt flou, qui tente de développer une histoire d’amitié sincère teintée de crise identitaire, de folie et de marginalité. Les intentions sont louables et les moyens limités, mais le scénario est aux abonnés absents. Tant il ne parvient jamais à développer ses idées, empêtré qu’il est dans un salmigondis de gags d’une rare (et totalement inutile) vulgarité. Enlevez les sacres et il n’y a plus de dialogues. Sans parler d’évidents problèmes de continuité narrative. Les sketches, que l’on dirait tout droit sortis des comédies des années 70, avec quelques mises à jour socioculturelles cependant, n’arrivent à rien sur le plan dramatique, en plus d’être interminables et de dégager une impression de déjà-vu. En dehors d’une apparition désopilante du survolté Christian Bégin en gourou des AA dont le bureau a été installé dans une mosquée, rien n’est vraiment drôle, la satire ne tenant que sur une corde trop ténue pour résister à l’analyse. Dommage, car on a la nette impression que les auteurs avaient des choses à dire sur les ratés de la société. Pauvreté, religion, maladie mentale, patronat, etc. il y avait en effet quelques sujets de film à faire, mais aucun ne trouve vraiment sa place dans ce décevant fatras. Note: 1,5 / 5.
[Critique] Une langue universelle de Matthew Rankin
En seulement deux longs métrages, Rankin s’est imposé comme l’un des cinéastes canadiens les plus audacieux de sa génération, façonnant un cinéma drôle, singulier et profondément évocateur.